Julie Fournier

Sexologue clinicienne & psychothérapeute 


 Services de sexologie et de psychothérapie en individuel ou en couple ainsi que services en santé transgenre

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La confiance en couple

Publié le 20 octobre 2017 à 9:30



La confiance en couple est primordiale et elle constitue l’une des bases fondamentales pour que le couple perdure dans le temps et que les partenaires puissent s’épanouir. Ce n’est certainement pas une nouvelle information que vous venez d’apprendre! Mais qu’est-ce que la confiance implique réellement et pourquoi est-elle aussi importante?


Pourquoi la confiance est l'un des fondements du couple? 

D’abord, lorsqu’il est question de confiance, il ne s’agit pas uniquement au niveau de la fidélité des partenaires. La confiance est beaucoup plus profonde et comprend plusieurs niveaux. Elle réfère notamment à la notion de sécurité, de communication et de résolution de conflits. Il ne s’agit pas uniquement de se dire « j’ai confiance en ma partenaire, elle ne me trompera pas », mais il s’agit aussi d’avoir des réflexions comme « j’ai confiance que mon partenaire ne me veut pas de mal et s’il me blesse, ce n’est certainement pas intentionnel » ou encore « je sais que je peux être moi-même avec mon partenaire ». Donc, la confiance accordée à l’autre permet de se montrer vulnérable, de se dévoiler tel que l’on est et d’être intime avec l’autre. Ces éléments sont essentiels pour se sentir connecté à l’autre en atteignant un niveau de profondeur dans la relation et ceci amène à se sentir davantage en confiance. Il y a donc naissance d’un cycle où la confiance amène à davantage de confiance.


Mais, ceci nécessite d’avoir d’abord et avant tout, une confiance en soi pour s’aimer, pour croire en soi et pour être capable de s’estimer suffisamment pour se dévoiler à l’autre. C’est la première partie du travail à faire! (Restez à l’affut, un article sur le sujet sera bientôt écrit)


Difficile de faire confiance 

Certains événements amènent effectivement à ce que la confiance soit plus difficile à bâtir ou à maintenir. Ce n’est pas toujours facile de faire confiance à l’autre surtout quand celle-ci a été brimée. La personne qui n’a plus confiance ou qui n’a pas bâti la confiance en l’autre croit généralement à tort que si elle baisse ses gardes, elle sera trahie. En fait, c’est plutôt l’inverse qui risque de se produire. Lorsqu’une personne est suspicieuse, elle en vient à douter, à questionner et à investiguer. Ceci a pour effet de contrarier l’autre et ainsi de créer une distance entre les partenaires. Le fait d’épier l’autre cause aussi du stress aux deux partenaires en plus de risquer d’y avoir plusieurs erreurs d’interprétations.


Ai-je raison de douter ou ce sont de fausses impressions?

Il n’y a malheureusement pas de réponse précise et infaillible à cette question. La confiance ne comprend pas juste la parole, mais elle nécessite des gestes, des actions et un vécu cohérents. La difficulté à faire confiance peut prendre origine dans différentes sphères chez l’individu. Pour plusieurs thérapeutes, elle prendrait probablement origine dans l’enfance selon le vécu et les perceptions de chaque personne. Un bon indice est de vérifier si vous avez tendance à être méfiant envers tout le monde en général. Faites-vous confiance rapidement? Doutez-vous des propos des gens? Surveillez-vous vos proches et vos amis? Entretenez-vous des préjugés qui font perdurer le manque de confiance comme « tous les hommes trompent leur conjointe » ou « les femmes sont profiteuses monétairement »? Entretenez-vous des attentes réalistes par rapport à la confiance? À votre couple?


Je vous l’accorde, la confiance est basée sur le sentiment de crédibilité que nous accordons à l’autre. Ce n’est pas une certitude. C’est là tout le paradoxe aussi où la confiance repose sur ce qui est inconnu. Il serait difficile de parler de confiance si tous les éléments étaient connus. Il ne s’agirait plus de confiance dans ce cas!



Article écrit par Julie Fournier sexologue clinicienne, psychothérapeute



Sources :

Geneviève Parent. (2011). Questions sexuelles pour couples actuels, Les éditions de l’homme, pp. 1-212.

http://www.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Confiance/Articles-et-Dossiers/Je-n-ai-confiance-en-personne/4Conseils-au-mefiant

http://www.psychologie.fr/article/couple-comment-etablir-la-confiance--A-487.html 

Ce que je dois penser de l'absence de relations sexuelles dans mon couple

Publié le 3 octobre 2017 à 15:15


La croyance qui veut que l’absence de relations sexuelles dans un couple signifie nécessairement la fin de celui-ci est largement répandue. Pour les couples n’ayant pas de relations sexuelles ou très peu, ils sont souvent soulagés d’entendre que le plus important à considérer n’est pas la fréquence des rapports sexuels, mais la satisfaction des partenaires durant ces rapports sexuels. En effet, quel est l’intérêt d’avoir une multitude de rencontres sexuelles insatisfaisantes plutôt que de n’avoir qu’un épisode, mais qui permet de vivre une connexion émotionnelle à l’autre, une excitation sexuelle intense et un relâchement des tensions?


Ceci étant dit, plusieurs doivent se demander quel est le moment où la faible fréquence des rapports sexuels devient pathologique. En fait, l’important est de savoir si l’un des partenaires souffre de cette absence de relations sexuelles. Il s’agit là du principal indice qui permet de savoir s’il y a présence d’un problème dans le couple ou non.


Ainsi, il peut sembler paradoxal qu’une sexologue mentionne que l’absence de relations sexuelles dans un couple ne soit pas nécessairement problématique. Même s’il est préférable d’essayer de considérer l’amour et la sexualité de pair, il est possible de les départager pour certaines personnes et dans certains cas. De ce fait, un couple qui n’a pas de relations sexuelles peut comprendre deux partenaires qui s’aiment beaucoup tout de même. Pour eux, l’amour et l’engagement dans leur couple ne sont pas en lien avec la fréquence des activités sexuelles.


J’aime bien faire l’exercice avec les patients en thérapie pour faire ressortir leurs motivations à avoir des rapports sexuels. En effet, il y a plusieurs raison de désirer en avoir que ce soit pour décharger des tensions, pour connecter avec l’autre, pour se sentir désiré, pour répondre à ce que l’on pense que la société s’attend de nous, etc. Parfois il s’agit d’une motivation et parfois d’une autre. Elles sont souvent inconscientes, mais elles peuvent aussi être conscientes. Ainsi, parfois la sexualité en couple peut être remplacée par la tendresse et par d’autres marques d’affection qui comblent les deux partenaires. Par exemple, si la motivation des partenaires est de se sentir connecté à l’autre, se sentir aimé et désiré, les signes d’affections peuvent très bien en satisfaire certains. Il est donc intéressant de se questionner sur quoi reposent l’affection, l’amour et la stabilité du couple et quelles pourraient être les motivations à la sexualité dans le couple.


Cependant, il est intéressant tout de même de constater les fluctuations du désir sexuel. Celles-ci sont courantes et différentes chez chaque personne. S’il y a une baisse de désir sexuel par moments, il ne faut pas trop s’inquiéter. Le désir sexuel peut être estompé par différents facteurs, mais il peut aussi se transformer pour laisser place à d’autres manières de répondre à ses besoins. Par contre, le désir sexuel doit être entretenu pour subsister contrairement à la croyance populaire qui veut qu’il soit naturel. Si le désir n’est pas présent depuis un certain temps, il serait pertinent de s’interroger sur les raisons pour lesquelles c’est ainsi et s’il serait mieux d’y remédier. Dans ce cas, une introspection personnelle et de couple serait intéressante afin de déterminer si l’absence ou la faible fréquence des rapports sexuels signifie réellement un problème pour l’un ou l’autre des partenaires ou s’il s’agit plutôt d’une pression sociale indirecte.


N’hésitez pas à consulter pour vous aider à répondre à ces questions si vous vous trouvez dans cette situation.


Article écrit par Julie Fournier, sexologue clinicienne, psychothérapeute

Sources :

Caroline Desages et Isabelle Taubes. (2017). Ils s’aiment, mais ne font plus l’amour, magazine Psychologies.

Geneviève Parent. (2011). Questions sexuelles pour couples actuels, Les éditions de l’homme, pp. 1-212.

TV Laval Nouvelles

Publié le 13 juin 2017 à 7:50

Intéressante capsule au sujet de l'éjaculation précoce (débute à 14:33 min)

https://www.youtube.com/watch?v=fucKRNo8MJA


TV Laval Nouvelles

Publié le 18 avril 2017 à 10:20

Dans cette capsule, la dépendance affective est discutée avec Valérie Gendron.

https://www.youtube.com/watch?v=V6UPUnzgzSY (Débute à 39:59)

TV Laval Nouvelles

Publié le 26 février 2017 à 17:15

Chronique portant sur les différents moyens de contraception

https://www.youtube.com/watch?v=xL6t50lK1as (débute à 14:58)

TV Laval Nouvelles

Publié le 26 février 2017 à 17:15

Entrevue au sujet de la manipulation dans les relations amoureuses

https://www.youtube.com/watch?v=rPezIO0yZ8U (débute à 15:54min)

TV Laval Nouvelles

Publié le 9 novembre 2016 à 6:20

Entrevue sur les conséquences de l'exposition à la pornographie chez les jeunes

https://www.youtube.com/watch?v=92Z95Whtlbg&list=PLs0EzqtzJCEqr6DSb_nsbv7ptRf56-eyg&index=6#t=48m28s


Désir sexuel: quoi faire quand l'écart entre les partenaires mine la satisfaction conjugale?

Publié le 7 novembre 2016 à 8:20

Dans tous les couples, peu importe l’orientation sexuelle, il y a écart entre le désir sexuel éprouvé par les partenaires. Cependant, certains couples s’adaptent bien à cet écart et arrivent à bien composer avec celui-ci alors que certains autres vivent cet écart comme une difficulté qui mine la satisfaction conjugale globale et qui semble souvent irrémédiable. Quoi faire quand le couple ne parvient pas à composer avec les différentes attentes et représentations de la sexualtié des partenaires?


 

Quand l'écart est souffrant pour les deux partenaires

Bien que cela sembler difficile à croire, les deux partenaires, qu’il soit celui ayant le plus grand désir sexuel ou celui ayant le plus petit désir sexuel, peuvent souffrir beaucoup de l’écart vécu. Celui ayant le plus grand désir sexuel peut ressentir de la frustration, de la colère, du rejet et peut en venir à être plus irritable et remettre l’initiation des rapports sexuels à l’autre. Il aura aussi tendance à revendiquer que c’est son partenaire qui a le pouvoir parce que c’est lui qui décide quand ont lieu les rapports sexuels. Il peut également croire que l’autre ne fait pas d’efforts et veut lui faire du tort. Pour celui qui a le plus faible désir sexuel, il peut se sentir coupable, se demander ce qui ne va pas avec soi-même et s’obliger soi-même à avoir des rapports sexuels pour plaire à son partenaire. Il peut en venir à développer une anticipation négative des rapports sexuels parce qu’il n’y trouve pas plaisir et à éviter l’intimité physique par peur de créer des attentes chez l’autre, ce qui accentue l’écart davantage. Les deux se retrouvent donc ancrés dans des positions et des pensées qui ne font que perdurer la difficulté.


 

Comment faire pour mieux s'adapter à cet écart?

Accepter que l’autre soit différent

D’abord, il est primordial d’apprendre à accepter que l’autre soit différent et que par conséquent, ses désirs soient différents. Prenez le temps de ressentir cette différence et d’accepter que l’autre ne soit pas vous et de vous enrichir de cette différence sur tous les niveaux plutôt que de vous entêter à vouloir que l’autre soit entièrement comme vous.


 

Élargir ses connaissances au sujet du désir sexuel

Prendre le temps d’élargir vos connaissances au sujet du désir sexuel et principalement des différences entre le désir sexuel de l’homme et de la femme, vous permettra une meilleure compréhension de ce qui peut créer cet écart dans le désir sexuel. Vous pourrez ainsi y remédier de manière efficace plutôt que de sombrer dans des reproches et de la culpabilité. Par exemple, généralement, le désir sexuel de la femme est plus lent à monter alors que chez l’homme c’est beaucoup plus rapide. La femme doit alors travailler à ce que son désir soit toujours omniprésent et puisse donc être plus rapidement favorisé et nourrit notamment par des fantasmes. Il implore donc que les deux partenaires s’ajustent à cette différence notamment en favorisant les préliminaires, mais aussi le jeu de séduction et l’anticipation positive des rapports sexuels avant même qu’ils aient lieu.


 

Élargir la notion de sexualité

Il est aussi pertinent d’élargir pour les deux partenaires, la notion de sexualité et de ne surtout pas la limiter à la pénétration. Cette dernière ne doit pas être le qualificatif requis pour considérer avoir eu une relation sexuelle comme c’est encore beaucoup le cas actuellement. La sexualité peut être variée et il vaut mieux savoir apprécier chaque geste sexuel plutôt que de camper dans une idée préconçue que la pénétration est nécessaire et ainsi se priver de plusieurs bonnes choses.


 

Jouer sur le désir sexuel par les fantasmes

Aussi, il est possible de jouer sur le désir sexuel à l’aide de fantasmes. Pour la personne ayant le plus faible désir sexuel, elle peut s’exercer à faire monter le désir en elle notamment avec des fantasmes. À cet effet, les fantasmes sont souvent diffus et imprécis comme des rêves plutôt que des idées très claires et des scénarios très précis. Il suffit donc de prendre quelques secondes et de le répéter régulièrement pour alimenter son désir sexuel par ces pensées ou ses sentiments érotiques. À l’inverse, la personne ayant un plus fort désir sexuel peut quant à elle, éviter de trop alimenter ses pensées sexuelles et ses fantasmes non pas pour faire disparaitre le désir sexuel, mais plutôt dans l’objectif de ne pas le nourrir lorsque ce n’est pas possible de le combler dans un rapport sexuel à deux. Il peut cependant y avoir des alternatives…


 

Communiquer adéquatement

Finalement, c’est cliché, mais dont vrai, la communication efficace fait toujours partie des solutions. Il est important de prendre le temps de communiquer avec votre partenaire au sujet des irritants quotidiens et des ruminations pour exprimer adéquatement votre ressenti puisque sinon, le corps s’en chargera pour vous notamment par une baisse de désir sexuel! Il est aussi primordial d’être capable de vous parler de vos insatisfactions sexuelles et de vos préférences en lien avec la sensualité et la sexualité pour pouvoir vous ajuster mutuellement. Ici, les accusations, les rapports de pouvoir, la culpabilité et le ressentiment ne sont pas permis. L’écoute, l’empathie et le respect par contre, sont requis.



 

Pour conclure sur des réflexions qui peuvent aider

Certaines pistes de réflexion peuvent vous aider dans l’identification des causes de l’écart entre votre désir sexuel et celui de votre partenaire. Prenez le temps chacun de votre côté pour réfléchir à ces pistes et revenez-y ensemble en toute honnêteté pour apprendre à vous connaitre, à vous comprendre et à vous ajuster mutuellement. Que signifie pour vous la sexualité? Quelle est son importance? Quelle place occupe-t-elle dans vos priorités? Dans vos valeurs? Comment vous percevez-vous par rapport à la sexualité? Comment voudriez-vous vous percevoir? Avez-vous une bonne connaissance au sujet de votre désir sexuel? De votre mode d’excitation? De vos préférences? Que signifie avoir du désir sexuel? Et finalement, préférez-vous vous adapter mutuellement pour remédier à l’écart du désir sexuel entre votre partenaire et vous ou êtes-vous enlisé dans une lutte de pouvoir où vous tentez de faire comprendre à l’autre qu’il est la source du problème? Ce qui revient à se demander s’il est plus important d’avoir raison ou d’être heureux?

Bonne réflexion!


Article écrit par Julie Fournier

 

 

Sources :

Bloss, Thierry, « la dialectique des rapports hommes-femmes. (2001). Presses Universitaires de France, 2e éd., p. 304.

Widmer ED, Ammar N. Désir sexuel et styles d’interactions conjugales. Sexologies (2013), http/dx.doi.org/10.1016/j.sexol.2013.05.003

 

 

Lorsque la recherche de pouvoir dans le couple est plus importante que la satisfaction

Publié le 15 juillet 2016 à 7:30


Mon premier réflexe lorsqu’il est question de difficultés dans le couple est de vérifier la présence des rapports de pouvoir entre les partenaires. Ces rapports de pouvoirs donnent lieu à diverses difficultés qui semblent irrémédiables et qui projettent le couple dans un avenir peu rayonnant aux yeux des partenaires. Lorsqu’ils sont identifiés, compris et travaillés, ces rapports de pouvoir perdent de leur importance et peuvent s’éliminer pour faire place à l’empathie, à la compréhension mutuelle et au respect de soi et de l’autre dans le couple. Les difficultés s’estompent et la satisfaction de couple peut augmenter.


Ce que sont les rapports de pouvoir  

Les rapports de pouvoir sont très souvent présents dans toutes sortes de relations interpersonnelles. Ils peuvent être très intenses et facilement identifiables, mais ils peuvent aussi être à plus faible échelle sans avoir trop d’impact direct sur la satisfaction des partenaires.


Les rapports de pouvoir sont des luttes où chacun des partenaires essaie de reprendre du pouvoir sur l’autre. Selon le tempérament de chacun, la reprise de pouvoir peut se faire de manière douce ou de manière plus forte. Lorsque l’un des partenaires cherche à dominer l’autre, l’autre se défend alors en reprenant du pouvoir soit par l’agressivité ou par la passivité.


Ce qui amène les partenaires dans une lutte de pouvoir

Il est important de comprendre qu’un couple comprend deux personnes distinctes qui forment une équipe. Lorsque ces personnes sont en couple, elles ne perdent donc pas leur identité personnelle. Elles décident seulement d’unir leur personnalité différente et de marchander pour vivre sainement à deux. Chacun apporte donc son bagage (son tempérament, sa propre histoire, ses situations encodées et ses perceptions) et ceci teinte les situations qui surviennent. Les rapports de pouvoir proviennent donc de ce mélange d’éléments qui influencent comment les partenaires perçoivent une situation commune et comment ils y remédient. L’un des partenaires peut donc réagir par une reprise de force par peur de perdre son autonomie, de perdre son individualité, de se faire avoir, de perdre l’autre ou de se faire engloutir par l’autre, par exemple.


Pistes de réflexion et exemples de rapports de pouvoir

1. Vous sentez-vous souvent incompris?

2. Ressentez-vous un manque de respect de votre part? De la part de votre partenaire?

3. Avez-vous l’impression d’être la seule personne à mettre les efforts nécessaires pour le bien de votre couple?

4. Sentez-vous que vous devez toujours céder?

5. Qui prend les décisions dans le couple?

6. Y a-t-il des conflits récurrents sur lesquels vous n’êtes jamais arrivés à vous entendre?

7. Vous sentez-vous contrôlé?


Ces questions ne sont que des pistes de réflexion qui peuvent mener à une prise de conscience de l’existence de rapports de forces dans votre couple. Voici aussi quelques exemples pour mieux illustrer les situations. Il peut s’agir de l’un des partenaires qui crie très fort lors d’un conflit alors que l’autre hausse davantage le ton pour reprendre du pouvoir. Il peut s’agir de la même situation, mais cette fois, l’autre plutôt que de crier se désengage de la discussion en refusant de parler pour aussi reprendre du pouvoir. Ceci met automatiquement fin à la discussion. Les rapports de pouvoir se font aussi percevoir dans des situations où l’un des partenaires est très distant par rapport à l’autre. L’autre peut réagir par une demande de rapprochements excessive ou encore un retrait de sa part également. Il est aussi possible de reconnaitre des rapports de pouvoir dans des situations quotidiennes comme en ce qui concerne les tâches ménagères. L’un des partenaires se plaint que l’autre ne fait rien alors que l’autre pense en faire assez. Dans ce cas, le partenaire qui croit faire toutes les tâches seul peut hausser le ton sur l’autre alors que l’autre peut arrêter complètement d’effectuer les tâches qu’il faisait avant les reproches par mécontentement et pour montrer à l’autre que ses reproches ne mènent à rien.


La reprise de pouvoir peut donc s’effectuer de diverses manières que ce soit en haussant le ton, en ne regardant pas l’autre lorsqu’il parle pour lui montrer que l’on ne l’écoute pas, en coupant la parole à son partenaire, en riant lorsque l’autre parle, en refusant indirectement par des excuses de donner à l’autre ce qu’il demande, etc.


Solutions proposées pour enrayer les rapports de pouvoir

D’abord, il est important que chacun des partenaires les identifie clairement. Tous les deux doivent en être conscients et souhaiter travailler de pair pour arriver à une meilleure satisfaction globale dans le couple. Il est primordial de se percevoir tous les deux formant une équipe. Il ne faut donc pas interpréter négativement les comportements, les actions et les paroles de l’autre. Partir avec la prémisse que l’autre a fondamentalement de bonnes intentions est l’élément clé. Ceci doit donc se faire à deux!


Débutant avec cette perspective, les partenaires sont davantage dans une attitude de compréhension et de respect plutôt que de confrontation. Pour ce faire, il faut que chacun ait la capacité à se valider soi-même et surtout à se rassurer et à se sécuriser mutuellement.


Ensuite, il est primordial d’adopter une saine attitude quant à la différence de l’autre. Il est important de se souvenir que ce qui nous a attirés en premier lieu chez l’autre est sa différence et il faut continuer à apprécier cette différence. L’autre n’est pas dans votre tête. Il ne peut donc pas réfléchir et adopter le comportement exact auquel vous vous attendez. Apprenez à nommer vos intentions et vos attentes et à essayer de répondre à celles de votre partenaire dans la mesure du possible. Adoptez donc une attitude compréhensive, empathique et respectueuse à l’égard de l’autre. Attendrissez-vous à votre partenaire!


Finalement, il est impératif d’appliquer les règles de communication efficaces comme le fameux parler au « je », regarder l’autre lorsque je parle et lorsque l’autre parle, prendre le temps de réfléchir, ne pas dire des choses que l’on pourrait regretter, prendre un temps d’arrêt si nécessaire et revenir sur la discussion plus tard et écouter réellement ce que l’autre dit avec la réelle intention de comprendre plutôt que d’apporter un contreargument.


Vous pouvez constater que les rapports de pouvoir sont très présents et fréquents. Prenez le temps de vous regarder en tant que couple et de percevoir ce qui ne fonctionne pas. Pardonnez-vous et essayez de repartir sur de nouvelles bases plus saines. Au besoin, aller chercher l’aide d’un professionnel parce que de se regarder soi-même n’est pas souvent l’idéal pour tout identifier et saisir. Parfois, on ne voit que l’autre!


Article écrit par Julie Fournier, sexologue clinicienne psychothérapeute

 

 

 

La pression de performance sexuelle et ses contradictions!

Publié le 20 mai 2016 à 8:40

Il est fréquent durant les séances de thérapie que surtout les hommes, mais aussi les femmes, prennent conscience de leur anxiété de performance sexuelle. Cette anxiété se manifeste par certaines pensées comme « j’espère que j’ai été assez bonne pour qu’il me rappelle », « je lui ai donné seulement quatre orgasmes » ou encore « je ne comprends pas, mon ami donne des orgasmes avec éjaculation à toutes les femmes et moi, jamais ». Pourquoi est-elle aussi répandue? Pourquoi semble-t-elle aussi viscérale pour plusieurs et quelle est sa fonction?


L’anxiété de performance sexuelle est le fait de s’exiger et de s’attendre à quelque chose de très grand par rapport à ses propres capacités sexuelles. Elle nait à partir de fausses conceptions au sujet de sa propre sexualité et à celle de l’autre. La pression de performance devient rapidement invasive et prend toute la place dans la sexualité. Elle existe notamment en raison de mauvaises informations au sujet de la sexualité et de la pression par la société qui sont toutes deux reliées.


La pornographie, qui est la source principale de mauvaises conceptions au sujet de la sexualité, est omniprésente et indique des pratiques que tous et toutes doivent adopter. Ces pratiques sont basées sur des images de corps faussées et sur des performances sexuelles irréalistes. (J’aime bien dire qu’il existe des bloopers sur les films pornos… ce n’est pas pour rien!) Mais, ce qui est dicté dans la pornographie est LA seule bonne manière de faire les choses et elle est LA référence en matière de sexualité pour plusieurs (Ironie). Basés sur celle-ci, les gens se vantent auprès de leurs amis d’avoir réussi un exploit sexuel, alors que c’est totalement impossible et les autres se taisent de honte ou répliquent qu’ils ont fait mieux.


Le paradoxe dans l’anxiété de performance est énorme. Plus la personne est anxieuse et vise la performance sexuelle, plus elle est à risque de développer une difficulté sexuelle telle qu’une dysfonction érectile, un trouble relié à l’éjaculation, à l’orgasme ou un trouble chez la femme en lien avec la pénétration. La sexualité nécessite un lâcher-prise et un laisser-aller pour qu’elle soit satisfaisante. Elle implore d’être vécue dans son corps et non dans sa tête. L’anxiété de performance est donc totalement opposée au bien-être et à la satisfaction sexuelle. La satisfaction sexuelle nécessite un bien-être de la part des deux personnes. Il ne faut pas confondre satisfaction sexuelle et performance!


Faites-en l’exercice! Êtes-vous dans votre corps ou dans votre tête lors de vos relations sexuelles? Êtes-vous axés sur un bien-être avec vous et avec l’autre ou sur une performance sans penser à vous? Quelles sont vos sensations corporelles lors de rapports sexuels? Qu’est-ce que votre corps ressent? Posez-vous la question directement lors d’un rapport sexuel « Qu’est-ce que je ressens dans mon corps? ». Vous allez constater que vous êtes beaucoup plus satisfaits sexuellement si vous et l’autre, vous vous laissez aller et guidez par vos sensations corporelles plutôt que par vos pensées vous imposant une pression de performance à l’encontre de la satisfaction. Parce qu’en fait, la pression de performance vise la satisfaction après tout ;-)



Article écrit par Julie Fournier sexologue clinicienne, psychothérapeute

 

Le cerveau est le principal organe sexuel...vraiment?

Publié le 30 mars 2016 à 9:25

Vous avez fort probablement déjà entendu la fameuse phrase « le cerveau est le principal organe sexuel ». Même si vous avez ne serait-ce qu’une petite idée de ce à quoi ça réfère, je soupçonne que vous ne vous imaginez pas à quel point cela est vrai!


En effet, le cerveau a un impact tellement grand et réel dans les différentes sphères de la sexualité que je trouvais important de vous en parler. Ce dernier est impliqué dans le développement psychosexuel, dans les fantasmes, dans la pression de performance, dans le désir sexuel et dans les troubles sexuels et tous ces éléments ont une influence sur comment la personne elle-même pense sa sexualité, la conçoit, la vit et la ressent dans son corps.



Développement psychosexuel

Au niveau du développement psychosexuel, vous comprendrez que le cerveau est le principal acteur. Effectivement, c’est le développement du cerveau qui dicte le cheminement sexuel de l’enfance vers l’âge adulte. Par exemple, un enfant est un être curieux et sexué donc il est normal qu’il recherche certaines sensations corporelles et soit dans une quête de découverte. Par contre, il y a d’importantes questions à se poser si un enfant de huit ans sait avoir un rapport sexuel complet (c’est-à-dire avec pénétration) puisque ça ne fait pas partie de son âge selon le développement psychosexuel. Le développement dicte donc comment l’enfant doit vivre sa sexualité selon sa capacité à comprendre et synthétiser l’information perçue.


Fantasmes

Les fantasmes tirent leur origine de la personne elle-même selon ses préférences, ses goûts, ses désirs et ses expériences. Ainsi, le cerveau est le principal responsable des fantasmes! C’est lui qui synthétise l’information et qui crée certaines pensées anticipatoires et excitantes. C’est aussi le cerveau qui entretient ces pensées. Saviez-vous que ce sont principalement les fantasmes qui font naître le désir sexuel et le maintiennent? Saviez-vous que les gens ont de plus en plus de difficulté à fantasmer parce que les pratiques sexuelles sont dictées notamment par la pornographie et donc l’idée de fantasmer n’est plus naturelle?


Pression de performance

En ce qui concerne la pression de performance, c’est aussi le cerveau qui l’entretient par des pensées récurrentes qui sont souvent erronées et persistantes. Bien évidemment, plusieurs facteurs influencent les gens à performer sexuellement, mais ce sont les pensées qui la font perdurer. Il peut s’agir de pensées comme « je dois absolument lui donner cinq orgasmes », « je dois retenir mon éjaculation le plus longtemps possible », « mon érection doit perdurer au-delà de 30 minutes et toujours être aussi rigide », « je dois être belle dans cette position » et elles ne sont qu’une simple ébauche. En consultation, il est possible de reconnaître certaines pensées qui peuvent être moins précises, mais tout aussi dévastatrices comme « les garçons de mon âge n’ont pas de troubles érectiles, je ne devrais pas en avoir », « je dois avoir plus de désir sexuel sinon je devrai lui permettre d’aller voir ailleurs » et bien d’autres encore. Toutes ces cognitions n’ont pas lieu d’être et devraient être enrayée puisqu’elles créent des troubles sexuels comme il vous le sera expliqué sous peu et maintiennent les gens dans leur difficulté et dans la recherche d’une sexualité qui n’est pas saine.


Désir sexuel 

Le désir sexuel et motivé et entretenu non seulement par les fantasmes comme mentionné précédemment, mais aussi par différents aspects psychologiques comme le sentiment d’être séduisant/séduisante, les pensées positives en lien avec la sexualité, le bien-être conjugal, les attentes réalistes par rapport à la vie sexuelle et bien d’autres facteurs. Ainsi, la réponse physiologique comme l’érection pénienne ou la lubrification vaginale sont reliées en grande partie aux pensées qu’entretiennent les gens. L’activation du désir sexuel débute donc par le cerveau!


Troubles sexuels

De ce qu’énuméré précédemment, peut-être vous est-il plus évident maintenant de percevoir que plusieurs difficultés sexuelles proviennent généralement de pensées qui sont contraires à l’anticipation positive des relations sexuelles et au « laisser-aller » que la sexualité nécessite pour être agréable et saine. Ainsi, des idées préconçues trop rigides et trop négatives face à la sexualité sont souvent les premiers éléments responsables d’une difficulté sexuelle. Aussi, la faible estime de soi, la pression de performance et de conformité et l’inconfort associé à la sexualité sont également des acteurs très importants des troubles sexuels.


 

En somme, le cerveau est effectivement le principal organe sexuel parce que les croyances et les pensées définissent ce que le cerveau doit indiquer au corps en termes de réactions physiologiques. Ainsi, les pensées proviennent de l’analyse et de la compréhension que l’on se fait de la sexualité (souvent par les messages envoyés par la famille, les amis et la société) et ces pensées dictent au corps comment il doit se comporter. Ainsi, une perte de connexion avec ses pensées ou une trop grande connexion à ses pensées engendre une perte de sensations corporelles qui est associée à une difficulté sexuelle. Il est à noter que ce texte présente qu’une petite partie de l’implication du cerveau dans la sexualité parce que son rôle est encore bien plus grand et probablement inconnu dans son intégralité!



Article écrit par Julie Fournier sexologue clinicienne, psychothérapeute 

 

Un sexologue peut vous aider lors d'une rupture amoureuse

Publié le 18 février 2016 à 9:45

 

Les rôles et les services offerts par les sexologues cliniciens sont encore très mal connus et difficiles à percevoir. En ce sens, saviez-vous qu’un de leurs nombreux rôles est de fournir une aide appropriée lors d’une rupture amoureuse? Dans ce biais, il vous sera exposé comment ils peuvent apporter leur soutien et leur aide pour favoriser le déroulement du processus d’une rupture amoureuse.

 

La consultation de couple: ses avenues possibles 

Lorsqu’un couple entreprend des démarches en thérapie, le sexologue tente de comprendre la dynamique dysfonctionnelle et de la travailler selon la volonté des deux partenaires. Ceci est dans le but de retrouver un équilibre de couple favorable à l’épanouissement et au bien-être des deux. Cependant, il reste toujours à l’affut pour cerner si une menace de se quitter est présente ou non de la part d’un des partenaires ou encore de la part des deux.

 

Se quitter ou rester ensemble? 

Parfois, le désir de se quitter est bien présent, identifié et nommé par l’une des personnes formant le couple ou même par les deux. Par contre, ce désir peut aussi être présent, mais non identifié et surtout pas nommé pour toutes sortes de raisons comme la peur de l’annoncer au partenaire, la volonté de protéger l’autre, la culpabilité de mettre un terme à la relation de couple et bien d’autres facteurs. Le sexologue doit donc essayer de cerner cet aspect et de le faire ressortir durant les séances.

 

Se quitter...Mais comment? 

Dès que le désir de se quitter est identifié et nommé, le sexologue reste présent pour aider à ressortir les craintes, les peurs et les sentiments de chacun. Il les aide également à s’engager vers une direction et à la maintenir (dans ce cas, le choix de se quitter) en offrant son appui lors des défis qui peuvent se présenter. Les défis peuvent être nombreux, mais il s’agit notamment de la séparation lorsque des enfants sont impliqués, du sentiment d’abandon et de solitude chez l’un ou l’autre qui survient, de la séparation des biens, et d’autres défis.

Le sexologue apporte également son aide et son appui lors des différentes étapes du deuil amoureux en respectant le rythme de chacun et en favorisant un respect mutuel malgré la décision de se quitter. Ceci peut nécessiter quelques séances de thérapie. Ces séances sont généralement perçues positivement parce qu’elles permettent aux partenaires de faire le point mutuellement et de s’ajuster à ce qu’implique une rupture amoureuse. Elles permettent également de « bien boucler la boucle » et de se quitter dans les meilleurs termes possibles. Cela facilite également la reprise d’un certain pouvoir sur la situation en ayant l’occasion de s’expliquer de part et d’autre et de se sentir mieux écouté et surtout compris.

 

Un apaisement et un réconfort 

En somme, l’efficacité de la thérapie ne dépend pas de si les partenaires décident de rester en couple ou de se quitter, mais plutôt de la capacité de nommer les choses telles qu’elles sont et de rechercher un réconfort et un soutien en thérapie. Il est donc primordial d’avoir confiance en son sexologue et d’établir de bons liens entre les trois acteurs de la thérapie afin de favoriser une réussite thérapeutique d’apaisement et de respect. 

 

 Article écrit par Julie Fournier, sexologue clinicienne et psychothérapeute

 

Les douleurs vaginales

Publié le 14 janvier 2016 à 9:45


Article écrit par Julie Fournier sexologue clinicienne, psychothérapeute


Il arrive que des femmes durant les séances de sexothérapie mentionnent ressentir de la douleur périnéale (à la vulve, ou pourtour de la vulve ou au vagin) et en viennent à croire que c’est une réalité pour toutes les femmes. Mesdames, si c’est le cas, ne restez pas avec votre douleur. N’hésitez pas à consulter un sexologue qui saura vous aider en travaillant de pair avec d’autres professionnels de la santé pour vous aider à comprendre l’origine de votre douleur et vous proposer un traitement adapté à vos besoins. Retenez que non, vous n’êtes pas la seule femme qui souffre de douleur, mais vous n’êtes pas obligé non plus de l’endurer!



Quelles sont ces douleurs?  

Les douleurs peuvent se ressentir lors de la pénétration ou au simple toucher de la région périnéale. Il peut s’agir d’un pincement, d’une irritation, d’une sensation de brûlure, de coupure ou d’une sensation de déchirement. Ces douleurs peuvent être situées à l’entrée du vagin, à l’intérieur du vagin, au niveau de la vulve ou encore entre le vagin et l’anus. Les douleurs peuvent être primaires (toujours été présentes) ou secondaires (apparues après un certain temps). Il existe différents noms pour les douleurs qui sont catégorisées selon l’endroit où elles se font ressentir et comment elles se manifestent. On y retrouve la dyspareunie, la vulvodynie, la vestibulodynie et le vaginisme (à ne pas confondre avec vaginite!).

 


Dyspareunie

La dyspareunie est une douleur ressentie à l’entrée du vagin ou au pourtour du vagin lors de la pénétration ou même après celle-ci. Elle peut être faible ou bien très aiguë.


Vulvodynie

La vulvodynie se caractérise par une sensation de chaleur, d’irritation ou de brûlure à la vulve, donc au niveau des grandes lèvres et/ou des petites lèvres. La douleur est souvent constante et peut rendre inconfortable le simple fait de s’assoir ou de porter des vêtements ajustés.

 

Vestibulodynie

La vestibulodynie est une douleur importante au niveau de l’entrée du vagin. Il peut s’agir d’une sensation de brûlure intense ou même d’un déchirement et peut perdurer plusieurs heures et même plusieurs jours après un rapport sexuel.  


Vaginisme

Le vaginisme fait référence à la difficulté ou à l’incapacité d’insérer un doigt, un tampon, un pénis ou un spéculum dans le vagin. Il s’agit d’une contraction involontaire et persistante des muscles du vagin. Ceci peut causer de la douleur au niveau de l’entrée du vagin si la pénétration est forcée.

 


Mais quelles sont les causes de ces douleurs? 

Toutes ces douleurs comprennent plusieurs facteurs importants à évaluer.

En ce qui concerne les facteurs physiologiques, il se peut que ce soit due à  

  • des infections vaginales multiples
  • des infections urinaires
  • des infections transmissibles sexuellement (ITS) mal guéries
  • des changements hormonaux
  • certaines maladies qui causent des inflammations des tissus
  • des allergies aux savons pour le corps parfumés ou au savon à lessive
  • la suite d’une épisiotomie ou d’une chirurgie
  • une lubrification insuffisante

 

Cependant, malgré ces facteurs physiologiques, il est important d’évaluer aussi les facteurs psychologiques. Lorsque l’on parle des facteurs psychologiques, il peut s’agir

  • d’un stress important
  • de conséquences d’abus sexuels
  • d’anticipation négative à la pénétration
  • de pensées erronées au sujet de la pénétration
  • une éducation sexuelle trop rigide et stricte
  • de mauvaises expériences sexuelles
  • d'une peur d’avoir mal
  • de la phobie des ITSS
  • et encore bien plus!

 

Il est donc important d’avoir un suivi sexologique adapté à chaque femme pour bien comprendre l’origine de la douleur. Souvent, les femmes ne peuvent elles-mêmes identifier les origines psychologiques de leur douleur parce ces origines sont inconscientes et il est souvent plus facile d’accepter une situation si les causes sont physiques, car le sentiment de culpabilité ou de honte est moins présent.


Que dois-je faire si j'éprouve l'une ou l'autre des douleurs? 

Il est pertinent de consulter en sexologie afin de déterminer les origines psychologiques de la douleur et d’y remédier. Il est également important de consulter un médecin pour évaluer si la douleur provient d’une cause physiologique. Celui-ci vous fera rencontrer un gynécologue au besoin. Il vous est aussi conseillé de prendre conscience de votre niveau de lubrification lors de la pénétration et si la lubrification n’est pas suffisante, d’utiliser un lubrifiant à base d’eau. Il est aussi préférable d’utiliser un savon doux et de porter des sous-vêtements en coton blanc pour éviter les irritations et les allergies.


Ne restez pas seule avec votre douleur 

En somme, il vous est fortement recommandé de ne pas rester seule avec une douleur qui peut nuire à l’estime de soi parce qu’elle donne l’impression d’être « anormale ». La douleur est aussi une entrave à la satisfaction sexuelle parce qu’elle est contradictoire au plaisir et elle nuit aussi à la capacité d’atteindre l’orgasme parce qu’elle empêche de se « laisser-aller », ce qui est nécessaire à l’orgasme. Finalement, la douleur est aussi un obstacle au désir sexuel parce que chaque relation sexuelle s’accompagne probablement de pensées négatives reliées à la douleur ressentie. Allez chercher de l’aide appropriée parce que la douleur n’est pas obligée de faire partie de votre sexualité!




 

Références :

CHUM, Les douleurs à la vulve, au périnée et au vagin, http://www.chumontreal.qc.ca/sites/default/files//documents/Votre_sante/PDF/186-1-douleurs-vulve-perinee-vagin.pdf.

Gilles. Trudel. (2000). Les dysfonctions sexuelles : évaluation et traitement par des méthodes psychologique, interpersonnelle et biologique, 2e édition, Presse de l’Université du Québec, p. 725.

La société des obstétriciens et gynécologues du Canada. (2012). Qu’est-ce que les maladies vulvaires?, http://www.masexualite.ca/sante-sexuelle/problemes-physiques/quest-ce-que-les-maladies-vulvaires.

 

Les troubles érectiles chez les hommes

Publié le 1 décembre 2015 à 11:45

Les difficultés sexuelles sont souvent, à tort, source de honte et de culpabilité. Les troubles érectiles n’en font pas exception, bien au contraire. Les hommes éprouvant des difficultés érectiles ressentent souvent une atteinte à leur virilité parce que l’identité masculine est directement associée à la qualité des érections.


Les troubles érectiles constituent un trouble sexuel très fréquent. Il est estimé que pratiquement tous les hommes vivront au moins une fois un épisode où la qualité de leur érection ne sera pas satisfaisante. Attention, ceci ne veut pas dire qu’ils ont tous un trouble érectile! En effet, il est question de troubles érectiles lorsqu’il s’agit d’une difficulté persistante et non pas de perte d’érection occasionnelle ou de panne érectile de circonstance (consommation d’alcool lors d’une soirée, grande fatigue un soir, etc.)

 


Troubles érectiles...qu’est-ce que c'est?

Pour qu’il s’agisse d’un trouble érectile, il doit être question d’une difficulté persistante à obtenir ou à maintenir une érection assez rigide pour permettre une pénétration. Ceci se manifeste donc par une absence totale d’érections, des érections de mauvaise qualité (pas assez rigides) ou encore par des pertes fréquentes de rigidité durant la pénétration.


Il est important de noter que la qualité et la durée des érections se modifient avec l’âge. Il faut donc toujours en tenir compte lorsque l’on se questionne au sujet des troubles érectiles. Les modifications qui surviennent avec l’âge sont des délais plus long afin d’avoir des érections satisfaisantes, des érections moins rigides et moins durables, une plus grande rapidité pour que le pénis revienne flaccide (mou) et une plus grande période réfractaire (phase après l’orgasme où les muscles sont au repos et aucune stimulation ne peut amener le pénis à une rigidité;).

 

 

Quelles sont les causes?

Les causes peuvent être organiques, psychologiques ou une combinaison des deux.


Au niveau organique, il s’agit notamment des troubles vasculaires qui constituent la cause organique la plus répandue. Il y a également des troubles neurologiques, des troubles hormonaux, du diabète, un surpoids, une mauvaise hygiène de vie, des troubles respiratoires, une prise de certains médicaments et autres.


Au niveau psychologique, il peut s’agir d’anxiété, de stress, des difficultés conjugales, de troubles du désir, de dépression, des peurs reliées à la pénétration comme la peur d’être trop agressif ou encore la peur d’être père ou de faire mal à son ou sa partenaire. Il y a également les pensées parasitaires, les traumas, les nouvelles situations sexuelles ou les nouveaux ou nouvelles partenaires qui peuvent constituer des causes psychologiques. Finalement, les troubles érectiles peuvent aussi provenir d’un premier épisode d’une difficulté occasionnelle qui crée une anxiété anticipatoire et qui entraine des échecs après échecs.


Afin de cerner si les causes sont plutôt organiques ou psychologiques, il est important de porter une attention particulière à ses érections matinales (érections réflexes). Celles-ci, si existantes, informent généralement sur la capacité organique d’avoir des érections. Ainsi, cela permet d’éliminer les causes organiques et de mettre l’accent sur les causes psychologiques. C’est également le cas pour la capacité à avoir et maintenir une érection lors de la masturbation sans partenaire.


 

Quoi faire?

Tout d’abord, il est important de ne pas paniquer au premier épisode même si cela est difficile. Il est primordial de remettre les choses en perspective et de relativiser la situation afin de ne pas se laisser emporter dans un discours culpabilisant et discriminatoire envers soi-même. À cet effet, apprendre à dédramatiser la situation peut également être bénéfique.


Ensuite, il est recommandé de se questionner sur la fréquence de ses difficultés érectiles afin de cerner s’il s’agit de difficultés circonstancielles ou persistantes.

Finalement, une consultation ou quelques consultations en sexothérapie peuvent être bénéfiques pour quiconque qui éprouve des difficultés érectiles qu’elles soient circonstancielles ou persistantes. En effet, la sexothérapie peut aider à relativiser, à répondre à ses questionnements et à identifier les causes de la difficulté et les moyens d’y remédier.

 

 

Quels sont les traitements?

Les traitements sont multiples et dépendent des causes des difficultés érectiles et de la condition physique des hommes qui souhaitent remédier à leur situation. La solution la plus répandue est la prise de médicaments qui doit toujours s’accompagner d’un suivi sexologique afin de maximiser le traitement et d’éviter les effets négatifs des médicaments sur la santé et sur la spontanéité des relations sexuelles.


Puis, une sexothérapie est également toujours recommandée dans tous les cas même si la difficulté provient de causes organiques. Effectivement, la sexothérapie peut aider à améliorer l’estime personnelle des hommes, leur sentiment de virilité, leur situation de couple, leur acceptation de la situation et la redéfinition de leur sexualité.


Finalement, en dernier recours parce que ces méthodes sont plus invasives et difficiles sur le corps, les traitements peuvent comporter des injections péniennes, l’utilisation d’appareils à succion ou encore d’implants péniens.

 


Pour conclure, ne laissez pas votre gêne ou votre honte vous envahir et vous empêcher d’aller chercher l’aide dont vous avez besoin. Les sexologues sont là pour vous, pour vous conseiller, vous orienter, vous référer aux ressources appropriées et surtout, pour vous accueillir et vous accepter sans jugement.




Article écrit par Julie Fournier, sexologue clinicienne, psychothérapeute

Ménopause et sexualité

Publié le 17 novembre 2015 à 18:15

 

La ménopause représente une étape importante dans la vie des femmes puisqu’elle signifie qu’elles sont à un stade où elles ont une incapacité reproductive totale. Même si cela peut paraitre intéressant puisqu’elles n’ont plus à s’inquiéter d’une possibilité de grossesse, d’autres défis apparaissent pour ces femmes. Ces défis ne sont pas toujours très clairement identifiés et en découlent plusieurs incompréhensions. C’est pourquoi cet article aborde les modifications corporelles en lien avec la ménopause et ses conséquences sur la sexualité des femmes.

 

Qu’est-ce que la ménopause? 

La ménopause est caractérisée par douze mois d’arrêt total des menstruations. Ceci est en raison de la diminution de la production d’œstrogène et de progestérone (hormones féminines) par les ovaires. Il y a également une diminution de la testostérone libre dans l’organisme féminin. De ces faits, plusieurs changements corporels majeurs sont reliés à la ménopause et donc certaines conséquences sont perceptibles sur la sexualité des femmes ménopausées.

 

Quels sont les changements corporels de la ménopause? 

En ce qui concerne les changements corporels majeurs, il y a une atrophie de l’appareil uro-génital qui est responsable des fuites urinaires et une atrophie des petites et grandes lèvres qui sont responsables de certains inconforts au niveau du vagin. Il y a également un amincissement de la paroi vaginale qui peut causer un inconfort ou même des douleurs à la pénétration. Cet amincissement du pourtour du vagin a aussi pour conséquence que les femmes sont plus à risque de contracter une infection transmissible sexuellement (il faut continuer à utiliser le préservatif, mesdames!). Un autre changement majeur de la ménopause est la perte d’élasticité du vagin qui elle aussi, est responsable d’inconforts, de douleurs et de ralentissement de la lubrification vaginale. Ces modifications corporelles au niveau de la région pelvienne sont importantes à considérer dans la modification de la sexualité, mais il ne faut pas oublier également les conséquences de la ménopause comme les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la prise de poids, les troubles du sommeil, les troubles de l’humeur ainsi que les symptômes dépressifs lorsque l’on parle des conséquences sur la sexualité.

 

À quoi dois-je m'attendre comme conséquences sur ma sexualité et comment y remédier? 

Les conséquences sur la sexualité des femmes ménopausées sont multiples. Cependant, une femme peut certainement ne pas éprouver toutes ces conséquences!

 

Baisse du désir sexuel

D’abord, on retrouve une diminution du désir sexuel en raison de la baisse de testostérone qui est responsable de la création de pensées érotiques et de la pulsion sexuelle (cette baisse de testostérone survient également chez les hommes). Mais attention, ceci ne veut pas dire une absence totale d’appétit sexuel!

Pour y remédier, il faut d’abord s’interroger sur l’importance de la sexualité dans sa vie. Quelle importance on souhaite lui accorder? Comment perçoit-on la sexualité? Que représente-t-elle? Ensuite, il est important de s’offrir ses propres plaisirs et voir à ce que la sexualité semble attirante pour soi. Est-ce que l’on préfère les préliminaires? Les caresses? Les touchers? Sommes-nous capables d’érotiser notre propre corps? Finalement, il faut comprendre que le désir sexuel se travaille tout au long de la journée. Il est donc important de prendre soin de soi, de prendre le temps de se mettre belle, de se regarder dans le miroir, d’érotiser son propre corps et celui de son conjoint ou sa conjointe, de fantasmer, etc. Il est à noter que la masturbation peut également aider à favoriser le désir sexuel en restant connecté à son propre corps, à sa sensibilité corporelle et à son érotisme sexuel.

 

Inconforts et douleurs à la pénétration

Les femmes ménopausées peuvent parfois devenir très sensibles à la sécheresse vaginale en dehors des rapports sexuels et s’apercevoir d’un retardement de la lubrification vaginale lors des rapports sexuels. Il est donc important de communiquer avec son partenaire ou sa partenaire afin de parler de ses limites et des solutions envisageables pour les deux. Il est également conseillé d’essayer de nouvelles pratiques et d’adapter sa sexualité notamment en augmentant le temps de préliminaires, en favorisant les caresses stimulantes et agréables. Cette piste de solution est aussi envisageable pour les pertes urinaires qui peuvent rendre certaines pratiques sexuelles plus gênantes. Aussi, il est possible d’utiliser du lubrifiant à base d’eau (plus naturel et doux pour le vagin) qui se retrouve facilement dans les pharmacies. Finalement, il est recommandé d’avoir des relations sexuelles régulièrement pour maintenir la lubrification et l’élasticité du vagin et ceci favorise aussi le désir sexuel!

 

Vie sexuelle monotone

Lorsque la vie sexuelle est plutôt monotone avec le temps, il est notamment conseillé d’essayer de nouvelles positions et de nouvelles pratiques. À cet effet, plusieurs livres sont dédiés à ce sujet sans devoir être maître de Kamasutra et avoir la flexibilité d’une gymnaste! Il faut donc user de créativité, changer de routine et ne pas avoir peur d’essayer de nouvelles choses!

 

Et l'hormonothérapie? 

En ce qui concerne l’hormonothérapie, il est fortement conseillé d’en parler à son médecin. Il y a de bons effets et de mauvais effets de l’hormonothérapie. Effectivement, même si elle peut permettre de diminuer les bouffées de chaleur, les troubles de l’humeur et du sommeil ainsi que d’autres désagréments liés à la ménopause, certaines contre-indications peuvent être émises par votre médecin.

 

Je ne sais pas par quoi commencer...Que dois-je faire? 

L’important est de ne pas considérer les conséquences de la ménopause sur la sexualité comme étant des obstacles insurmontables. Il faut comprendre qu’elles sont des défis auxquels il existe des solutions. Il est possible et même conseillé de consulter en sexologie afin d’aller chercher l’information juste et pertinente dont les femmes peuvent avoir besoin en plus d’être accueillies dans une atmosphère de respect et de non-jugement. Les services en sexologie peuvent aider les femmes à redéfinir leur sexualité selon leurs désirs et leur niveau de confort. Ils peuvent également aider les femmes à retrouver une satisfaction quant à leur image corporelle et leur estime de soi.


 

 

Article écrit par Julie Fournier, sexologue clinicienne et psychothérapeute, 2015.

 

 

 

Avoir des rapports sexuels durant la grossesse... C'est possible!

Publié le 17 octobre 2015 à 10:05


Ah la grossesse! Elle apporte son lot de questionnements et de réflexions pour les partenaires sur presque tous les sujets et la sexualité n’en fait pas exception! Ils ont souvent l’impression qu’il vaut mieux arrêter d’avoir des relations sexuelles. Ils ont peur de toucher le bébé et de lui faire mal par l’entrée du vagin ou encore de provoquer une fausse couche. Eh bien qu’ils se détrompent!


Les rapports sexuels sont généralement sans danger pour bébé qui est bien protégé par l’utérus et par les membranes amniotiques. Il y a aussi un bouchon muqueux qui se forme à l’entrée du col de l’utérus qui empêche les bactéries et le sperme de pénétrer dans l’utérus. La sexualité entre les partenaires durant la grossesse permet au contraire de faciliter les rapprochements après l’accouchement et de préserver l’intimité de couple pendant l’attente de bébé et après son arrivée.


Cela dit, le corps et les sensations changent durant les différentes phases de la grossesse alors il implore de revoir sa sexualité, mais pas de l’enrayer! Pensez-y, neuf mois sans sexualité en plus de la période après l’accouchement… pas facile pour une vie de couple! Psst… les rapports sexuels comprennent aussi la sensualité et les caresses!


Bon, il n’est pas à nier que le désir sexuel fluctue pour les deux partenaires au cours de la gestation. En fait, pour certains, le désir reste le même alors que pour d’autres, il se modifie grandement selon les trimestres.


Lors du premier trimestre, la fatigue, les nausées et les inquiétudes concernant la possibilité de fausse couche peuvent résulter en une baisse de désir. Aussi, les tensions mammaires des deux premiers trimestres peuvent gêner les rapports sexuels. Il faut simplement s’adapter à la situation en adoptant des comportements sexuels plus satisfaisants pour les deux partenaires! Finalement, l’envie d’avoir des rapports sexuels peut être réduite par les préoccupations liées à la paternité et à la maternité, à l’accouchement et aux implications qu’entrainent devenir parent. La disponibilité psychologique est donc à travailler.


Durant le deuxième trimestre, le ventre est plus gros, mais sans trop. Il ne gêne donc généralement pas trop les rapports sexuels. Dans certains cas, le désir sexuel augmente tout comme le plaisir en raison des changements physiologiques (vascularisation dans la zone du petit bassin et réduction de l’orifice vaginal) ce qui peut être très excitant! Cependant, les changements corporels peuvent être aussi difficiles à accepter pour les partenaires ce qui implique d’avoir une ouverture d’esprit.


Lors du troisième trimestre, même si le ventre gros et représente une difficulté pour les rapports sexuels, c’est encore possible et même très satisfaisant puisque les partenaires apprennent à faire preuve de créativité et changent par le fait même, la monotonie.


Quoi qu’il en soit, la sexualité pendant la grossesse peut être très satisfaisante et bénéfique pour les parents en devenir. Rassurez-vous, bébé ne vous voit pas, mais il ressent le bonheur de maman et la chaleur de ses parents!


Attention : si vous éprouvez de la douleur durant les rapports sexuels, arrêtez d’en avoir et consultez votre médecin. Aussi, l’avis de votre médecin prime sur cet article donc s’il vous déconseille d’avoir des rapports sexuels, écoutez-le! Les contre-indications sont généralement une infection transmissible sexuellement contractée par l’un des partenaires ou les deux, des antécédents d’accouchement prématuré, la poche des eaux rompue, des saignements ou un placenta praevia (une partie du placenta recouvre le col de l’utérus).




Article écrit par Julie Fournier

 

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Qu'est-ce que le sexologue FAIT et NE FAIT PAS durant les rencontres?

Publié le 31 août 2015 à 10:50




Il est courant que les gens n’aient aucune idée de ce qu’est le rôle d’un sexologue clinicien et de la manière dont se déroule une séance en thérapie. Voici quelques points qui sauront vous renseigner et probablement vous rassurer à ce sujet.


Ce que le sexologue FAIT durant les rencontres :

  • Il vous écoute attentivement et accueille vos sentiments

  • Il cherche à comprendre votre situation sans jugement

  • Il crée une bonne alliance entre vous et lui

  • Il s’assure de votre consentement libre et éclairé et que vous comprenez bien ce qu’implique une consultation en sexologie

  • Il intervient selon son orientation théorique

  • Il fournit des pistes de réflexion afin que vous trouviez vos propres réponses

  • Il vous renseigne sur différents aspects de la sexualité

 

Ce que le sexologue NE FAIT PAS durant les rencontres :

  • Il ne vous juge pas

  • Il ne se dit pas ou ne vous dit pas que vous n’êtes pas normal (bien au contraire!)

  • Il ne vous fournit pas de réponses toutes faites qui ne vous conviennent pas

  • Il ne vous demande jamais de vous mettre nu dans son bureau

  • Il ne devient pas inconfortable lorsque vous pleurez, que vous êtes en colère ou que vous faites un silence pour réfléchir 



Article écrit par Julie Fournier 

Enseignants du primaire, cet article saura vous interesser!

Publié le 24 août 2015 à 11:35

 

Enseignants au niveau primaire, cet article s’adresse à vous! C’est le temps de la rentrée et il y a certainement beaucoup de choses à penser et à prévoir. Mais quand il est question d’enfants, leur spontanéité vous empêche certainement de tout prévoir. C’est certainement le cas avec leur sexualité! Leur sexualité? Oui! Leur sexualité! Dès leur plus jeune âge, les enfants s’intéressent à la sexualité. Bien évidemment, ils ont des questionnements différents des adultes en raison de leur développement psychosexuel, mais ils ont beaucoup de questions. Qu’en pensez-vous enseignants? Le tabou entourant la sexualité complique beaucoup les choses. Dois-je parler de ceci ou de cela? Quoi faire dans telle situation? Si l’enfant me parle de cela, devrais-je croire qu’il a été abusé?


La première règle à retenir est qu’il n’est jamais trop tôt pour faire de l’éducation sexuelle toujours en respectant le développement psychosexuel de l’enfant. Comme le dit si bien Mme Robert, « Il est moins dangereux qu’un enfant reçoive de la bonne information trop tôt que de tomber sur des scènes de pornographie alors qu’il n’y a eu aucune préparation. Il ne faut pas jouer à l’autruche ».


Tout d’abord, lorsqu’il y a une situation à caractère sexuel (un enfant se frotte le pénis sur un objet, une autre a les mains dans les culottes de son amie, un enfant vous pose une question qui vous rend mal à l’aise, vous en surprenez une autre qui embrasse son amie puis une dernière vous demande comment on fait des bébés et vous ne savez pas trop comment l’expliquer ou même si vous pouvez l’expliquer) il est primordial de ne pas faire de commentaires péjoratifs quant à l’enfant. Celui-ci découvre et est maladroit d’autant plus que pratiquement personne ne lui en parle jamais. Il faut donc être sensible et respectueux par rapport à l’enfant.


Lorsqu’un enfant vous pose une question, accueillez sa question. Semblez à l’aise de répondre pour qu’il ne croie pas qu’il y a quelque chose d’inquiétant à sa question. Considérez chaque question comme étant valable et importante. Donnez-lui une réponse simple et sans dépasser ce qu’il veut savoir. Employez les termes exacts. Effectuez une distinction claire entre les faits et vos opinions. Petit truc efficace : retournez la question qui vous est posée à l’enfant. Par exemple, l’enfant vous demande « d’où viennent les bébés? », vous lui répondez « d’où crois-tu que viennent les bébés? ». Ceci est non seulement la meilleure manière de repérer où en est rendu l’enfant dans son développement psychosexuel, mais ça vous permet également de trouver une manière adéquate de lui répondre pendant ce temps et de rectifier les fausses croyances. 


Lorsqu’un enfant  a un comportement à caractère sexuel, surtout demeurez discret. Il n’est pas nécessaire d’intervenir pour que tout le monde entende bien au contraire. Expliquez-lui simplement la différence entre la sphère publique et la sphère privée et que ses comportements sont tout à fait appropriés en privé. Gardez en tête qu’un enfant qui a des comportements sexuels est dans un processus de découverte. Il n’a pas nécessairement été abusé sexuellement, mais il se peut que les frontières ne soient pas claires à la maison. Par exemple, les parents se promènent souvent nus devant les enfants et prennent leur bain avec celui-ci alors qu’il est âgé de sept ans. Les frontières ne sont pas claires donc l’enfant peut explorer la sexualité beaucoup plus rapidement en raison d’une surexposition à la sexualité.


Vous êtes certainement bien outillés pour employer un bon langage approprié pour les enfants du niveau que vous enseignez. Si vous avez des doutes, n’hésitez pas à en parler au psychologue ou même sexologue de l’école où vous enseignez. Faites équipe avec les parents lorsque c’est possible et ne chicanez jamais l’enfant pour un comportement de découverte.


Bonne chance professeurs et bonne année scolaire!



Article écrit par Julie Fournier

 

 

 

 

 

 

 

 

Les quatre principes clés pour une vie de couple durable et harmonieuse

Publié le 17 août 2015 à 8:00


Il fait probablement consensus qu'entretenir et faire durer une vie de couple harmonieuse n'est pas toujours facile. Voici les quatre principes clés qui vous aideront assurément dans votre quête du bonheur en couple!

 

1. Toujours se considérer comme une équipe

Entretenir des rapports égalitaires 

Souvenez-vous qu’être en couple n’est surtout pas une lutte de pouvoir. Vous avez choisi de former un couple avec l’autre pour vous épauler et vous aider. Dans une équipe, chaque joueur possède le même but même si leur manière d’y arriver peut être différente. Donc, toujours se souvenir que l’autre a le même but que soi.

Composer avec les différences de l’autre : accepter l’autre, voir l’admirer parce qu’il est différent ou qu’elle est différente de vous

Votre partenaire est certainement différent ou différente de vous et tant mieux! C’est probablement ces différences que vous avez appréciées chez l’autre que vous avez de la difficulté à gérer par la suite. Personne ne veut être en couple avec sa copie conforme alors, développez de la tolérance, voire de l’admiration pour vos différences mutuelles.

Préserver les sentiments positifs. Focaliser sur le bien plutôt que ce qui est mal.

Tentez d’attirer votre attention sur ce que l’autre fait de bien. Autrement dit, gardez une attitude positive et voyez le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

Soutien mutuel : empathie

Développez un système de soutien mutuel et surtout, travaillez votre empathie pour l’autre. Je ne le dirai jamais assez, vous formez une équipe. Dans une équipe, vous voulez vous aider mutuellement et vous soutenir.

 

2. S’efforcer de communiquer adéquatement

Se responsabiliser : ne pas faire porter tout le blâme à l’autre

Dans l’équipe que vous formez, il y a vous + l’autre = votre couple. Donc, vous  ET l’autre avez une part de responsabilité dans un conflit. Il est donc important de ne pas faire porter tout le blâme sur l’autre et d’apprendre à se responsabiliser, et ce, même dans la sexualité! Eh oui!

Tenter de comprendre l’autre autant sinon plus que de se faire comprendre

Ce que l’autre a à dire est aussi important que ce que vous avez à dire. Vous formez le couple à parts égales. En développant de l’empathie pour l’autre, vous êtes en mesure d’apprendre à écouter le point de vue de votre partenaire et à l’estimer comme étant aussi valable que votre point de vue. Les échanges sont alors plus harmonieux et efficaces.

Éviter les critiques même constructives : miser sur le positif de la relation. Misez sur vos qualités, vos forces et vos aptitudes

En misant sur le positif, l’envie de faire des critiques se fera plus rare. Souvenez-vous qu’il est beaucoup plus agréable de recevoir des compliments plutôt que des critiques me si elles sont constructives!

Climat de confiance : être capable de se montrer tel que l’on est.

Quand la confiance est présente, les partenaires sentent qu’ils peuvent se montrer vulnérables à l’autre ce qui favorise un climat égalitaire plutôt qu’une lutte de pouvoir. Vous faites une équipe, vous voulez votre bien tout autant que celui de l’autre alors, montrez-vous tous les deux tels que vous êtes individuellement et votre relation n’en sera qu’améliorée. 

Confiance mutuelle, certes, mais pardon aussi

Il faut aussi apprendre à se pardonner à soi, mais aussi à pardonner à l’autre. Dans votre individualité, il se peut que vous fassiez ou dites quelque chose qui blesse l’autre sans que ce ne soit intentionnel. Souvenez-vous de ceci lorsque vous vous sentirez blessé par l’autre. Ce n’était certainement pas intentionnel. Enrayez les luttes de pouvoir dans votre couple et soyez conciliant avec vous et avec l’autre.

 

3. Être attentionné l’un envers l’autre

Prendre soin de sa relation en s’assurant de passer du temps de qualité ensemble.

Souvenez-vous toujours du ratio qualitéquantité. Le temps de qualité ensemble est important pour maintenir une bonne complicité entre les partenaires. Parlez-vous de ce que vous considérez comme étant du temps de qualité ensemble et apprenez à faire de vos moments, des moments de qualité plutôt que de quantité.

Collaborer aux projets, aux tâches, etc.

Gardez en tête qu’il s’agit de participation volontaire dans le but de faire plaisir à l’autre parce que vous l’aimez et que vous voulez son bonheur.

Se démontrer de l’affection

Tenez-vous par la main, touchez-vous, caressez l’autre lorsqu’il ou elle passe devant vous, faites-vous des câlins. C’est important et ça fait du bien aux deux puisque la peau conserve une mémoire qui affecte positivement le corps et l’esprit. Dites à l’autre que vous l’aimez le matin avant de vous quitter, le soir avant de dormir même si vous vous êtes disputés. Rappelez-vous, vous formez une équipe et l’autre ne vous veut surtout pas de mal!

 

4. Conserver son individualité

Apprendre à être heureux soi-même

Soyez vous-même heureux et transpirez ce bonheur pour que l’autre le soit aussi. Faites que les moments passés en votre compagnie soient agréables.

Cultiver des intérêts communs, mais aussi conserver ses passions personnelles

Tout le monde vous le dira que d’avoir des projets communs aide à la vie du couple. Mais, vous êtes une personne à part entière dans cette équipe qu’est votre couple alors, ne vous oubliez pas! Vous avez aussi des passions qui sont valables.

Ne pas se perdre de vue dans la relation. Se souvenir qu’on existe avec notre histoire personnelle.

En formant un couple, vous unissez deux histoires personnelles qui forment une nouvelle histoire à deux. Il y a donc trois histoires dans un couple. N’oubliez pas la vôtre!

Travailler sur soi 

La vie est un constant travail sur soi certes, mais un travail heureux. Prenez le temps d’apprécier prendre soin de vous. Apprenez à profiter du moment présent. Efforcez-vous d’apprendre à doser vos propres réactions et à entretenir des attentes réalistes sur ce qu’est la vie de couple et sur ce que représente votre partenaire. Faites que l’autre veuille continuer de former une équipe avec vous!


Article écrit par Julie Fournier

 

Quand est-il temps de consulter un sexologue?

Publié le 11 août 2015 à 10:55

 

Difficile de demander de l’aide et d’admettre en avoir besoin

En premier lieu, il est important de ne pas sous-estimer sa difficulté. Détrompez-vous, il n’y a pas de trop grandes ou de trop petites difficultés pour consulter. Quand une difficulté surgit et qu’elle vous affecte, c’est le temps de consulter. Souvenez-vous qu’il n’y a pas d’âges pour consulter et que l’argent investi en vaut certainement le coup.

La forte majorité des gens attendent avant de consulter parce qu’ils croient que leur difficulté est trop petite, impertinente, gênante à discuter et que le temps arrange les choses. Eh bien non! Plus vous attendez, plus la difficulté s’ancre dans votre quotidien et vous envahie.

Certes, il est difficile de demander de l’aide. La société nous rappelle souvent que ceci peut être un signe de faiblesse. Aussi, une peur du jugement peut surgir tout comme une peur de la non-acceptation. Il est également difficile de se dévoiler dans son intimité profonde et d’admettre vivre une difficulté sexuelle ou relationnelle. Le fait que la sexualité soit tabou augmente également la difficulté à demander de l’aide parce qu’on n’en parle tout simplement pas. Ce sujet n’est pas seulement passé sous le silence, mais il est souvent réprimé.

Non : aller chercher de l’aide est important

Il est temps de prendre conscience de ces idées préconçues qui vous empêchent de vous épanouir sexuellement et en relation. Il faut revoir sa perception de ce que signifie demander de l’aide. Chercher de l’aide est un signe de maturité, d’humilité et de responsabilisation. Cela signifie que la personne est capable de se prendre en main et surtout d’admettre qu’elle se responsabilise pour améliorer sa sexualité. Consulter est un signe de force chez l’individu. Vous êtes suffisamment forts pour prendre en charge votre situation et l’améliorer. C’est aussi être honnête envers soi-même. Vous admettez ne pas tout connaître et avoir besoin d’une aide extérieure à vous.

Le sexologue est sensible au défi qu’implique demander de l’aide

Effectivement, la démarche n’est pas évidente et n’a rien de facile. Le sexologue en est conscient et est apte à vous emmener à être plus à l’aise. Il sait ce qu’implique entreprendre une démarche en sexothérapie et il est sensible à la manière dont vous pouvez vous percevoir. Il n’est surtout pas là pour vous juger, bien au contraire. Il sait pertinemment que vous ne connaissez pas tout de la sexualité (tout comme lui!).

Il est présent pour vous aider à percevoir l’origine de votre difficulté et à la travailler selon une perspective sexologique. Il vous aide à clarifier l’origine de la difficulté sexuelle ou relationnelle et à établir des liens entre votre sexualité et les différents aspects de votre vie parce que non, la sexualité n’est pas isolée du reste, bien au contraire!

Il faut apprendre à parler de la sexualité. Non pas la banaliser, mais la dédramatiser. Une difficulté sexuelle individuelle ou avec un partenaire n’est pas arrivée par hasard ou par malchance. Elle tient son origine dans les pensées, les croyances, les émotions, les attitudes et les comportements des individus. Voilà ce sur quoi une sexothérapie vous amène à travailler.

Ne vous inquiétez pas, le sexologue qui vous reçoit est sensible à ce que vous vivez et accueillera votre souffrance d’abord et avant tout.


Article écrit par Julie Fournier

 


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